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Bruno Thedrez, responsable du département COMELEC

Publiée le 17/06/2008 à 00:00 Imprimer :

INTERVIEW de Bruno Thedrez, responsable du département COMELEC de Télécom ParisTech et responsable du projet PENSER 100GIGA
 
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Pouvez-vous nous décrire le projet PENSER 100 giga et son contexte ?

Les flux d’information que l’on transmet n’arrêtent pas de croitre. Auparavant, avec la téléphonie vocale, nous tournions autour de quelques milliers d’informations par seconde. Aujourd’hui, avec l’adsl, l’abonné bénéficie de mille fois ces débits, et sur certains canaux de transmission d’information centralisés, il est possible d’envoyer 1000 milliards d’information par seconde. Dès qu’une technologie accélérant les flux est mise en place, elle est totalement exploitée par les utilisateurs, ce qui prouve que le besoin est réel.

Pour les centres de recherche, il faut anticiper sur les prochaines technologies de communication pour répondre à ce besoin d’une société de l’information sans cesse croissante. Pour nous, centre de recherche en  télécommunication, le prochain défi auquel nous devons répondre dans les années à venir continue de rester celui d’une croissance ininterrompue du débit.

Nous avons appelé ce projet PENSER 100GIGABIT. PENSER vaut pour   Plateforme ENSeignement Recherche. 100GIGA, c’est la simplification sous la forme d’un seul mot, des besoins de demain, c’est-à-dire transmettre 100 milliards d’informations par seconde au plus proche de l’abonné. Nous devons pour cela passer des 10 gigabit/s actuels à 100 gigabit/s. Cela relève d’un défi spectaculaire car le temps typique sur lequel nous allons travailler – 10 picoseconde- devient infiniment réduit.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre pour réussir ce projet ?


Pour y arriver, il faut des têtes bien pensantes. Dans PENSER 100GIGA, l’on trouve la notion de plateforme de recherche pour l’enseignement. Cela implique la formation des étudiants sur ces techniques et ces technologies de demain, mais cela signifie aussi des chercheurs qui sont à la pointe. Aujourd’hui nous atteignons ce niveau d’excellence, mais pour y rester, il est nécessaire d’accompagner ce mouvement en étant en phase, non seulement intellectuellement, mais aussi en terme d’équipement.  La plateforme de recherche PENSER 100GIGA est le moyen par lequel nous arriverons à tenir le défi en ayant les meilleurs équipements.

 Pour pouvoir travailler sur des temps infiniment courts, nous avons besoin de véritables « formules 1 » en matière technologique. Ces équipements qui ont un coût très élevé seront eux-mêmes  intégrés dans des systèmes innovants  à forte plus-value qui seront conçus par nous même.

Notre défi est d’accompagner nos chercheurs dans leurs recherches en mettant à leur disposition les équipements de pointe et par la suite, transférer leur savoir vers nos étudiants.

Quel sera l’impact du 100 GIGABIT pour les utilisateurs ?

Des services et des usages qui seront plus fluides. Dans le cas de la télévision, le spectateur aura de plus en plus le rôle de metteur en scène, avec par exemple, la possibilité de contrôler les images de sa télévision, de choisir son angle de vue ou de contrôler le zoom durant un match de football.  Le spectateur peut réagir et lui-même devenir un émetteur d’informations multimédia très sophistiquées.

Combien de temps est nécessaire pour réaliser ce projet ?

Nous allons très vite arriver à 100 milliards d’informations par seconde. Au niveau des laboratoires, ces flux seront maîtrisés dans les 5 ans. Pour le grand public, il faudra certainement attendre 10 ans.

Quel est le coût du projet ?

De façon à réaliser les ambitions de sa plateforme de recherche, Télécom ParisTech doit s’équiper d’appareils de mesure de performances exceptionnelles, seuls capable de tester les concepts qui seront mis en œuvre aux débits désirés.

Pour aller vite, nous sommes amenés à acheter des « formules 1 ». Or il y en a peu dans le monde. Ce sont des outils de métrologie extrêmement précis et à faible nombre. Ils coutent très chers car ils sont rares.
Les équipements qui fonctionnent à 100 giga coûtent 100K€ et il nous en faut plusieurs  (pour émettre/recevoir/amplifier). Un simple câble permettant un flux d’information à 60 milliards d’information par seconde sans dégradation coûte quelques milliers d’euros.

Aujourd’hui, nous avons déjà commencé à investir plus de 300K€, mais à terme, nous espérons atteindre le Méga Euro. Nous avons donc besoin de trouver des partenaires qui nous accompagnent dans le financement de ce défi. Cela nous permettra de renforcer la présence de l’Institut Télécom sur les technologies en rupture qui, sinon, passeront sur d’autres centres.

Pouvez-vous nous parler de la composition de l’équipe ?


Le projet a 2 grands volets, un volet qui va toucher les technologies optiques et un volet qui touche le domaine des micro-ondes
Ce projet concerne 8 enseignants-chercheurs auxquels nous allons associer un certain nombre de doctorants et de postdoctorants.          
Il existe deux formes d’implication des étudiants : les doctorants qui feront de la recherche sur la plateforme donc, qui auront pour tâche d’inventer, d’innover, d’aller plus loin.
Puis il y a également des étudiants en master qui iront faire des travaux pratiques dans les laboratoires. Une première démonstration de travaux pratiques fonctionnant à 60 GHz a été fortement sponsorisée par  la société Altran.

Quel est votre positionnement par rapport aux autres centres de recherche ?

Tous les grands centres de recherche s’intéressent à ces défis.

Dans le secteur des technologies de communication, L’Institut Télécom est un leader national incontesté.
Du point de vue académique, quelques centres universitaires sont bien présents en Europe comme les Suédois, les allemands et les danois.
Quelques ruptures technologiques apparaissent et nous devons les accompagner pour garder notre niveau d’excellence. Il faut réagir vite pour ne pas prendre de retard par rapports aux autres centres de recherches internationaux.

Avez-vous besoin de faire venir des chercheurs étrangers pour vous aider?


En France, nous avons toute l’intelligence pour être les meilleurs. Mais avec une telle plateforme de recherche, nous pouvons attirer d’autres intelligences. Avec ces équipements, nous serons totalement autonomes pour mener nos recherches de pointe avec cet espoir d’attirer de grands chercheurs et de leur permettre de travailler avec nous.  Donc bien sur, cela nous intéresse d’avoir de grands noms, mais pour cela, il nous faut de grands laboratoires et des projets ambitieux. PENSER 100GIGA est un projet ambitieux, d’excellence, par lequel nous pourrons construire une dynamique et attirer par ce biais, les meilleurs doctorants et chercheurs du monde entier.

Qu’est ce que la plateforme apporte à ses entreprises partenaires ?

Les entreprises partenaires sont associées à la définition des activités, des axes de recherche et des contenus pédagogiques. Elles ont un accès privilégié aux résultats des travaux. Elles bénéficient d’une veille technologique sur les domaines de la plate-forme, à travers les résultats obtenus, et leur comparaison avec l’état de l’art. Elles sont associées à la dissémination scientifique des résultats publiés.  Elles peuvent enfin s’adresser aisément aux étudiants formés. En association entre l’école et ces entreprises, pourront être conçues des évènements, conférences, ateliers, ou formation sur mesure.  ribunaux français seront seuls compétents.

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Dan Teodosiu Dan Teodosiu, directeur du Centre de Recherche et Développement de Google à Paris
"Nous sommes heureux de signer ce partenariat avec la Fondation Télécom. Avec le nouveau centre de R&D de Google basé à Paris, nous espérons que nous pourrons continuer à développer des échanges et des partenariats constructifs avec d’autres établissements d’excellence tels que celui-ci."

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